Le chemin de foi par lequel mon Père m'a conduit m'a d'abord éloigné graduellement de l'église catholique romaine puis amené à la quitter complètement il y a vingt-trois ans.
Il y eut beaucoup de raisons à cela.
Un livre que j'avais lu alors m'avait beaucoup impressionné et convaincu: les églises très cléricales, comme l'église romaine, recousent le voile du Lieu Très Saint qui se déchira du haut en bas dans le Temple lorsque Jésus remit Son Esprit entre les mains du Père. Le passage est libre. Quiconque est couvert du précieux Sang de Jésus a directement accès au Père sans interposition d'un quelconque clergé.
A l'époque, j'allais pratiquement chaque mois à Strasbourg pour des raisons professionnelles et j'y logeais chez des Pères blancs qui y avaient encore une grande maison qui est devenue par la suite la Représentation permanente de la Roumanie. Un jour, j'y rencontrai une Soeur blanche qui était infirmière en Algérie. Or, je venais de lire un article au sujet de la conversion d'Algériens au christianisme protestant évangélique et le mouvement devenait significatif en Kabylie. Quand je lui en parlai, avec enthousiasme, elle entra dans une sorte de rage, expliquant que ces conversions rendaient beaucoup plus difficiles les relations avec les autorités algériennes et l'exercice de son travail d'infirmière.
Je n'ai guère de mots pour exprimer le choc que je ressentis. Comment la religiosité routinière peut-elle aveugler au point de perdre de vue l'essentiel, le salut de toute âme qui se tourne vers le Christ ? Quelle terrible confusion spirituelle !
A partir de ma rencontre, inopinée, avec l'Esprit saint à l'automne 1992, plus encore à partir du printemps 1993, je découvrais ce que Paul voulait dire par aller "de gloire en gloire". Je vis souvent Dieu agir puissamment, notamment par des guérisons spectaculaires. Vers le début du XXIème siècle, une encyclique papale ciblant manifestement les catholiques charismatiques, exigea qu'il ne se fît point de prière pour la guérison fors la présence d'un prêtre et choses du même ordre dont j'ai oublié les détails. Or, je savais fort bien que l'Esprit souffle où IL veut et que, vouloir le mettre ainsi en bouteille comme s'Il eût été le génie d'Aladin, était le moyen le plus sûr ... de L'éteindre.
Et puis, Dieu m'ouvrit les yeux à partir de 1997 sur le fait que l'humble servante du Seigneur et la reine du ciel, dont il est question en Jérémie 44, ne sont pas la même personne.
Ce qui fut décisif se produisit à l'automne 2023. J'étais allé à la messe du dimanche soir à Troisvierges qui était célébrée, pour les Portugais et en portugais, par des prêtres italiens. Cela se prêtait donc à des malentendus linguistiques. Il y en eut un ce jour-là au sujet de la lecture des intentions de prière universelle. En soi, l'exercice manque complètement de spontanéité, et donc de sincérité, devant Dieu. En plus, le résultat fut si ridicule que je fus pris d'un rire intérieur, silencieux. Mais j'entendis alors distinctement, péremptoirement, la Voix du Seigneur: "on se moque de Moi ici".
Or, c'était bien la dernière chose à laquelle je voulais me prêter, me moquer de Dieu. Je ne suis plus jamais retourné à une messe catholique romaine depuis. Lire des tirades pré-imprimées, cela aboutit à ce que le Père avait dit par Esaïe: "Quand ce peuple s'approche de Moi, il m'honore de la bouche et des lèvres; mais son coeur est éloigné de Moi, et la crainte qu'il a de Moi n'est qu'un précepte de tradition humaine" (Esaïe 29:13).
Toutefois, si je ne veux plus participer à des cultes sans spontanéité avec Dieu, je reconnais que Dieu Se laisse rencontrer dans tout bâtiment qui Lui est consacré. C'est pourquoi, tout en ayant mes propres oratoires, je n'hésite jamais à entrer dans un lieu de culte au Dieu de la Bible, quel qu'il soit, quand il est ouvert, même des synagogues, pour un moment de coeur à coeur avec Lui.
J'y pensais avec nostalgie aujourd'hui en allant à pied jusqu'à l'ancien couvent de Cinqfontaines.
Cinqfontaines est vraiment un endroit très particulier près de chez moi au Luxembourg.
Le couvent est à l'écart, dans un endroit boisé et accidenté, comme il y en a beaucoup dans la belle Ardenne.
Le couvent fut construit au début du XXème siècle, sans doute dans le sillage de l'exil des congrégations bannies par les lois maçonniques de séparation des églises et de l'Etat, lois qui voulaient avant tout séparer les Français de leur Dieu et qui leur valut le dur jugement de la première guerre mondiale.
Ce couvent connut une destinée imprévue lorsque, après que le Luxembourg eut été envahi puis annexé par les nazis, ceux-ci décidèrent d'assassiner les Juifs qui y étaient restés. Ils transformèrent alors le couvent en lieu de rassemblement des Juifs luxembourgeois âgés et y organisèrent leur envoi vers la mort par six convois en train vers des camps en Allemagne.
Ce lieu naturellement magnifique et paisible est donc aussi chargé d'une mémoire vive de la bestialité du diable et de ceux qui le servent.
J'ai vu et lu aujourd'hui un extrait de la lettre d'un Monsieur Cerf qui écrivit sa peine de quitter son cher et beau petit pays de Luxembourg pour Theresienstadt.
https://cinqfontaines.lu/fr/histoire/
Très longtemps, il y eut une chapelle dans le couvent, ouverte toute la journée. Je garde un bon souvenir de l'époque où j'y allais et prenais plaisir à m'y recueillir dans la présence paisible et aimante de mon Dieu.
Las, les prêtres qui logeaient au couvent moururent les uns après les autres sans être remplacés, de sorte qu'il n'y eut bientôt plus qu'un seul gardien pour toute présence humaine.
Dès lors, la chapelle ne fut plus ouverte.
C'est en 2020 que ce qui restait de la congrégation vendit le bâtiment à l'Etat luxembourgeois qui l'a converti en lieu de réunion pour la jeunesse.
C'est certes mieux que de laisser l'endroit tomber en ruine mais c'est douloureusement signe du naufrage de nos sociétés déchristianisées dans un retour au paganisme le plus noir et le plus vide.
2020, l'année du déferlement du coronacircus et de ses mensonges éhontés. Est-ce bien un hasard ?
Cet extrait du deuxième chapitre de la deuxième épître de Paul aux Thessaloniciens décrit SI BIEN ce que nous vivons, ce que nous vivons maintenant:
"Que personne ne vous séduise d'aucune manière; car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition, l'adversaire qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore, jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j'étais encore chez vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu'il ne paraisse qu'en son temps. Car le mystère de l'iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l'impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu'il anéantira par l'éclat de son avènement. L'apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l'iniquité pour ceux qui périssent parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d'égarement, pour qu'ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice, soient condamnés.
Pour nous, frères bien-aimés du Seigneur, nous devons à votre sujet rendre continuellement grâces à Dieu, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l'Esprit et par la foi en la vérité. C'est à quoi il vous a appelés par notre Evangile, pour que vous possédiez la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre".
Mesurons combien la Parole n'a rien à voir avec de la guimauve molle !
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