Je ne me prononce pas sur ce qu'avait vécu Marguerite-Marie Alacoque. Jésus ne fait pas acception des personnes. Il Se laisse trouver par tous ceux qui Le cherchent. J'ai moi-même vécu avec Lui les manifestations les plus inattendues de la puissance de Son Esprit avant de quitter l'église catholique. Il vient nous rencontrer là où nous sommes. Ensuite, Il nous ouvre aussi les yeux sur là où Il est venu nous rencontrer ...
Ceci mis à part, j'ai plutôt passé un mauvais moment à regarder ce film tant cela revient à de la lourde propagande catholique, dans ce que cette dénomination a introduit de plus éloigné des Saintes Ecritures.
1) L'orgueil spirituel.
Ils ont beau se donner des apparences d'humilité, le clergé catholique est complètement gangrené par l'orgueil spirituel. Les catholiques représentent tout juste 51 % des Chrétiens. Pourtant, ils parlent toujours de leur église comme l'Eglise avec un grand E, considérant avec morgue toutes les autres.
L'un des prêtres qui est interviewé au sujet du scandale des prêtres débauchés et profanateurs d'enfants, a ce commentaire révélateur en tirant une comparaison avec Juda Iscariot: Jésus trahi par ceux qui Lui sont le plus proches. C'est terrible. Encore l'orgueil spirituel. Ils se croient donc plus proches de Jésus parce qu'ils sont prêtres.
2) L'idolâtrie.
A la fin du film, des religieuses sont interviewées. Elles ont repris la tradition de coudre des "sauvegardes". Ce sont des sortes de grigris représentant un coeur pris dans des épines qui sont ensuite portés à la façon d'amulettes.
Le film insiste aussi lourdement sur le fait que Marguerite-Marie rencontrait Jésus au moment de l'adoration d'une hostie. C'est donc toute la théologie bancale de l'eucharistie qui est mise en relation avec les visions de Marguerite-Marie, ce qui est vraiment contestable. Quelque chose qui était purement circonstanciel est abusivement présenté comme causal.
Jésus nous a demandé de communier à Son corps ET à Son sang. Chez les catholiques, les ouailles ne communient pratiquement jamais au sang. C'est réservé aux prêtres. Quelle désobéissance aux Ecritures ! D'où la mention dans le film des hosties qui saignent, notamment avec Yvonne-Aimée de Malestroit, entre autre. Ils justifient la désobéissance au commandement de communier au Sang en suggérant qu'il y a du sang dans l'hostie !
Et puis, chapelets, prières à Marie, étalage de toutes leurs théories non bibliques sur Marie conçue sans péché, foyers de Marthe Robin, tout y passe et la foi chrétienne authentique y trépasse presque.
3) Le dolorisme.
Le critère de Paul pour savoir si quelqu'un est bien disciple de Jésus, c'est que la puissance de Jésus se déploie: "car le Royaume ne consiste pas en blablabla mais en puissance" (1 Corinthiens 4:20). Et la puissance dont parle Paul, c'est celle qu'il avait recue de Jésus de chasser les démons, de guérir les malades (rien qu'avec des linges qu'il avait touchés) et de ressusciter des morts (comme le jeune Eutyche tombé du premier étage). Comme l'église catholique éteint la puissance de Dieu, elle esquive le questionnement qui devrait pourtant sauter aux yeux par rapport à ce que dit Jésus "En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m'en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils" (Jean 14:12-13).
Le film illustre cette imposture avec cet accent mis sur la souffrance, "offrir sa souffrance". C'est vraiment terrible. Toute cette théologie non scripturaire est extorquée de la phrase où Paul dit qu'il complète dans sa chair ce qui manque à la passion du Christ. C'est évidemment à ne pas prendre à la lettre car rien ne manque à la passion de Jésus: "Tout est accompli". Il voulait plutôt dire que tout ce qu'il avait subi témoignait qu'il était vraiment choisi par le Christ pour être Son apôtre et Son disciple.
Alors, le message est complètement tordu. Vous souffrez? Vous êtes infirme? C'est une grâce bien plus grande que si vous étiez guéri car, comme cela, vous allez pouvoir offrir vos souffrances pour le salut du monde. Et on se retrouve à la place du Christ. C'est consternant. Une autre forme d'orgueil spirituel.
4) Le nationalisme.
C'est vraiment une lèpre catholique française, surtout dans les mouvances traditionalistes, de mon point de vue. Quand je vis les passages sur la détresse dans les tranchées pendant la guerre de 1914, cela m'a sauté à l'âme. Ces gens n'ont donc toujours pas compris que Dieu aime les Allemands et les Autrichiens ? Qu'ils aillent donc dans ces pays, la Bavière, l'Autriche ! Ils verraient enfin combien ces peuples sont aussi catholiques qu'eux, peut-être même plus. C'est insupportable de les entendre parler de prière pour que la France ait eu la victoire. Je n'ai aucun doute que la première guerre mondiale a été un châtiment pour toute la haine de Dieu portée par les macons français, leurs affidés radicaux à la fin du XIXème et au début du XXème siècle, la loi de 1905 qui est en fait un acte de divorce maçonnique entre Dieu et le peuple.
Bref, je trouve ce film globalement imbuvable.
Je comprends que, par rapport au matérialisme athée païen ambiant, cela donne l'impression d'un réveil spirituel. Mais cela n'aboutit qu'à une caricature de ce qu'est la véritable foi en Christ.