tirsdag 9. juni 2026

Des malédictions et des bénédictions

 "Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car moi, l'Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent,et qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements".

C'est sur ce texte de la Torah, très exactement les versets 5 et 6 au chapitre 20 de l'Exode, que je vais m'arrêter.

En effet, à l'automne de ma vie, j'ai parcouru assez d'années pour savoir que les malédictions et les bénédictions sont, dans le spirituel, un peu ce que sont les gènes de l'acide désoxyribonucléique dans l'ordre biologique.

Mais d'abord, je veux commencer en rendant plus concrètes ces notions de générations et d'ancêtres car, visiblement, ce que Dieu dit là montre bien que nous n'héritons de nos ancêtres pas seulement des gènes biologiques mais aussi ce qu'Il appelle des malédictions et des bénédictions.

Supposons que, dans une lignée fictive, chaque ancêtre féminine ait eu son premier enfant à vingt-cinq ans, de manière qu'il y ait eu quatre générations par siècle, ce qui est une hypothèse moyenne crédible.

Dans un tel exemple, l'enfant né en 2025 a 2 parents nés vers 2000.

Il a 4 grand-parents à la troisième génération, 8 aïeux à la quatrième génération, 16 à la cinquième génération et 32 à la sixième génération vers 1900.

7ème génération, 64 ancêtres ; 8ème, 128 ; 9ème, 256 ; 10ème, 512 vers 1800.

11ème, 1024 ; 12ème, 2048 ; 13ème, 4096 ; 14ème, 8192 vers 1700.

C'est déjà un nombre très impressionnant et à une époque où nous pouvons encore identifier la plupart de nos ancêtres dans les registres paroissiaux.

15ème, 16384 ; 16ème, 32768 ; 17ème 65536 ; 18ème 131072 vers 1600.

Nous arrivons à l'époque où le pays s'extirpe tout juste de guerres de religion ruineuses et profondément destructrices.

19ème, 262 144 ; 20ème, 524 288 ; 21ème, 1 million 048576 ; 22ème, 2 millions 097 152 vers 1500.

Nos ancêtres se comptent déjà en millions sur un demi-siècle, à une époque où l'imprimerie décuple les possibilités d'accéder au savoir par la lecture.

23ème, 4 millions 194 304 ; 24ème, 8 millions 388 608 ; 25ème 16 millions 777 216 ; 26ème, 33 millions 554 432 vers 1400.

Nous aurions plus de 33 millions d'ancêtres à une époque où, après les pestes, on estime que le Royaume de France ne comptait que 12 millions d'habitants environ. Si nous pouvions identifier nominalement ces millions d'ancêtres, nous serions bien surpris d'en trouver beaucoup en dehors du Royaume de France. Mais ce n'est pas tout. Enfonçons-nous dans le Moyen-Âge.

27ème génération, 67 millions 108 864 ; 28ème, 134 millions 217 728 ; 29ème, 268 millions 435 456 ; 30ème, 536 millions 870 912 vers 1300.

Or, on estime que la population mondiale était de l'ordre de 450 millions de personnes vers 1300.

Si l'on continue à remonter dans le temps, on va trouver des chiffres qui non seulement dépassent la population mondiale à l'époque mais aussi finissent par dépasser la population mondiale actuelle (8 milliards 589 millions 934 mille 592 ancêtres vers 1200). C'est évidemment impossible. Or, nous n'en sommes qu'à trente générations sur sept siècles. Dieu promet de bénir les descendants d'un juste sur mille générations. 

En fait, dès qu'on dépasse la dixième génération, on constate des implexes. C'est à dire que des ancêtres que l'on croyait constituer des branches séparées proviennent de frères et soeurs. Et, plus on remonte dans le temps, plus les implexes se multiplient. Cela signifie que des branches apparemment séparées aboutissent à de mêmes ancêtres. Le nombre d’ancêtres réels, à cause de cela, est très inférieur au nombre d'ancêtres théoriques exposé ci-avant.

Cela révèle aussi que, sur un grand nombre de générations, pratiquement toutes les personnes d'une certaine région sont apparentées. Cela confirme également la réalité ethnique de la notion de tribu. Nous formions jadis réellement ces sortes de super-familles qu'étaient les tribus car il était très souvent d'usage de se marier à l'intérieur de sa tribu.

Mais il suffisait aussi qu'un seul ancêtre se soit marié en dehors, ce qui arrivait aussi inévitablement, pour que de mêmes descendants aient des aïeux dans plusieurs tribus. Aussi, sur une plus grande période de temps, c'est à l'échelle de continents que les gens sont apparentés.

Alors, le nombre théorique d'ancêtres sur mille générations, cela donne ce chiffre fantastique qui excède de très, très loin le nombre d'êtres humains ayant vécu sur Terre: 1 071 508 607 186 267 320 948 425 049 060 001 810 561 404 811 705 533 607 443 750 388 370 351 051 124 936 122 493 198 378 815 695 858 127 594 672 917 553 146 825 187 145 285 692 314 043 598 457 757 469 857 480 393 456 777 482 423 098 542 107 460 506 237 114 187 795 418 215 304 647 498 358 194 126 739 876 755 916 554 394 607 706 291 457 119 647 768 654 216 766 042 983 165 262 438 683 720 566 806 937 6

Pour revenir dans la réalité, cela veut dire aussi que, sur plusieurs siècles, nos bénédictions dépendent de l'amour de Dieu qu'a eu ou pas le pays tout entier et même plusieurs pays.

Je vais illustrer de mon cas personnel car j'ai pu faire de la généalogie sur les ancêtres de ma mère.

Du côté de mon grand-père maternel. ils sont pratiquement tous de l'Auxerrois, de la Puisaye et du Nivernais. Mais, certains s'appellent "Langlois", ce qui pourrait indiquer que, au moment où commencèrent à être fixés des patronymes, vers le XIVème siècle en Bourgogne, c'est à dire pendant l'époque marquée par de longues guerres de succession entre le Royaume d'Angleterre et le Royaume de France, l'ancêtre éponyme avait eu un lien quelconque avec l'Angleterre. D'autres s'appellent "Jacob", ce qui est fréquent dans les pays germanophones mais guère dans les régions francophones où la forme abrégée "Jacques" est généralisée. Or, c'est aussi au XIVème siècle qu'eurent lieu en France comme dans le Duché de Bourgogne les persécutions et expulsions de Juifs qui, pour pouvoir y échapper n'avaient pas d'autre issue que de se convertir au catholicisme. A côté de "Jacob", j'ai vu dans les registres paroissiaux des actes concernant une famille "Le David". Il est donc possible que ces patronymes proviennent de surnoms donnés à des familles dont on doutait de la sincérité de la conversion.

Ensuite, l'un de mes arrière-arrière grand-pères était venu de la Marche avec ses frères, de sorte que tous ses ancêtres étaient du Limousin, de villages vers l'ouest d'Aubusson.

Le père de ma grand-mère maternelle était Trégorrois. Tous ses ancêtres en provenaient et j'ai pu remonter jusqu'au début du XVIème siècle, à l'époque où la mémoire de l'indépendance du prospère Duché de Bretagne était encore bien vivante. Toutefois, certains des aïeux s'appelaient "Lespaignol" et d'autres "Leflamanc". Or, le port de Morlaix faisait commerce par voie maritime notamment de toiles de lin avec la Flandre et avec l'Espagne.

La mère de ma grand-mère maternelle était Luxembourgeoise. Dans sa propre lignée maternelle, tous les aïeux que j'ai retrouvés étaient Luxembourgeois, à part un Samuel Joachim (Jochum) venu du Vorarlberg autrichien au début du XVIIIème siècle. J'ai ainsi pu remonter cette branche autrichienne jusqu'à la fin du XVème siècle.

En lignée paternelle, les ancêtres viennent de l'ex-principauté électorale de Trèves mais aussi, pour moitié, de villages qui sont aujourd'hui en Allemagne mais qui appartenaient au Luxembourg jusqu'en 1815. Sur plusieurs siècles, les identités ethniques ne sont pas aussi tranchées  que le voudraient les nationalistes de tout poil. Une des ancêtres était une noble probablement venue de Westphalie car je suppose que son nom, von der Wittenburg, évoque une forteresse qui aurait pu exister jadis dans la ville de Witten. Witten avait adhéré à la Réforme et, vu leurs prénoms, mes ancêtres von der Wittenburg avaient voulu rester catholiques. Ils avaient donc dû quitter Witten et s'installer ailleurs, peut-être à Unna où le nom apparaît dans un acte de mariage au XVIIIème siècle.

Mon père était un Kabyle du piémont nord du Djurdjura. Région sans état-civil, il est impossible de retracer une généalogie quelconque. Mais, très jaloux de leurs maigres lopins de terre accrochés à la montagne, ces Kabyles avaient coutume depuis des siècles de planifier les mariages des enfants en imposant une endogamie stricte. Tout leur village n'était donc peuplé que de cousins et l'étranger commençait dès les villages voisins. On peut donc supposer que la population y a été très stable jusqu'à l'époque, maintenant lointaine, où une partie de la population qui vivait dans la plaine fertile qui avait été l'un des greniers à blé de l'Empire romain préféra se réfugier dans la montagne plutôt que de subir le joug des conquérants arabes. 

Les Kabyles aiment à s'appeler "hommes libres" (imazighen). Ils ne l'étaient guère dans le sens individuel que nous donnons à la notion aujourd'hui mais ils l'étaient collectivement au niveau des villages et des tribus qui survécurent en quasi autarcie pendant des siècles, sans reconnaître aux Arabes puis aux Turcs maîtres de la plaine autre chose qu'une autorité nominale.

Dans les derniers siècles de Rome, nombre de ces gens étaient Chrétiens ou bien Juifs. Mais la foi judéo-chrétienne originelle fut émoussée par les nombreuses hérésies qui prospérèrent en Afrique du nord. D'une certaine façon, des hérésies telles que l'arianisme préparèrent le terrain de l'islam qui peut en être considéré comme un avatar dans la mesure où il nie la nature divine de Jésus.

Quoi qu'il en soit, il est possible que, il y a quatre-vingt générations et plus, des hommes et des femmes parmi mes ancêtres paternels aient connu et aimé le vrai Dieu et qu'ils soient encore en bénédiction à des descendants auxquels l'islam n'en a plus laissé qu'une impression fausse et confuse.

Voici pour la bénédiction qui l'emporte, de loin, sur la malédiction sur trois à quatre générations de ceux qui haïssent Dieu.

J'en viens aux malédictions.

Une arrière-grand-tante qui fut ma marraine lorsque je fus baptisé dans l'Eglise catholique romaine le 16 juin 1963 était mariée à un homme originaire de Saint-Mihel dans le Barrois.

Quand j'étais enfant, je m'étonnais de l'aversion viscérale et violente qu'il éprouvait pour l'église alors numériquement dominante en France. Mais, un jour, ma mère me raconta que, alors qu'il était très jeune, son père mourut, le laissant avec sa soeur à la charge d'une mère veuve sans ressources.

Lors de la cérémonie d'enterrement, le curé fit arrêter le cortège et dépouilla le char funéraire de ses ornements qui étaient réservés aux familles qui avaient payé un tarif d'obsèques plus cher. Le jeune homme ne surmonta jamais l'humiliation publique à laquelle avait été exposée toute sa famille.

Je le comprends d'ailleurs. Combien j'ai rencontré de personnes qui, d'une façon ou d'une autre, ont été profondément blessées par des clercs catholiques romains. Tous ces témoignages manifestent que ces clercs ne connaissaient pas Jésus. 

Mais ils ont souvent produit quelque chose de pire encore. Ils ont semé dans les coeurs le rejet et la haine de Dieu. Quelle déroute !

Et c'est de cette façon qu'ils ont pu faire venir la malédiction sur des personnes, sur des familles, sur de cités et même sur des pays tout entiers, à cause de l'image détestable qu'ils ont donnée du Dieu d'amour qu'ils ont trahi.

La malédiction, le psaume 109 en donne une bonne illustration:

"Place-le sous l'autorité d'un méchant, Et qu'un accusateur se tienne à sa droite! Quand on le jugera, qu'il soit déclaré coupable, Et que sa prière passe pour un péché! Que ses jours soient peu nombreux, Qu'un autre prenne sa charge! Que ses enfants deviennent orphelins, Et sa femme veuve! Que ses enfants soient vagabonds et qu'ils mendient, Qu'ils cherchent du pain loin de leur demeure en ruines! Que le créancier s'empare de tout ce qui est à lui, Et que les étrangers pillent le fruit de son travail! Que nul ne conserve pour lui de l'affection, Et que personne n'ait pitié de ses orphelins! Que ses descendants soient exterminés, Et que leur nom s'éteigne dans la génération suivante! Que l'iniquité de ses pères reste en souvenir devant l'Eternel, Et que le péché de sa mère ne soit point effacé! Qu'ils soient toujours présents devant l'Eternel, Et qu'il retranche de la terre leur mémoire, Parce qu'il ne s'est pas souvenu d'exercer la miséricorde, Parce qu'il a persécuté le malheureux et l'indigent, Jusqu'à faire mourir l'homme au coeur brisé! Il aimait la malédiction: qu'elle tombe sur lui! Il ne se plaisait pas à la bénédiction: qu'elle s'éloigne de lui! Qu'il revête la malédiction comme son vêtement, Qu'elle pénètre comme de l'eau dans son intérieur, Comme de l'huile dans ses os! Qu'elle lui serve de vêtement pour se couvrir, De ceinture dont il soit toujours ceint!" (109:6-19)

A la fin du XIXème siècle, les milieux de la maçonnerie déchaînèrent en France des attaques violentes contre l'Eglise catholique romaine, notamment sous la direction d'un Emile Combes.

L'une des principales forces politiques agent de cette offensive fut le parti radical, naturellement très pénétré de maçonnerie.

Par recoupements, du peu que j'ai pu lire à son sujet, un de mes arrière-arrière-grand-pères, Auguste Vilnat, cordonnier de son état à Saint-Fargeau, en Puisaye, fut vraisemblablement un soutien actif de ce mouvement. Lors du décès de mon arrière-grand-père, le journal radical "le Bourguignon" écrivait: "Sa perte nous est d'autant plus sensible que nous sommes les témoins attristés de l'immense douleur de son vieux père, l'un des plus anciens et dévoués représentants du "Bourguignon". Nous savons ce que nous devons au père que le chagrin terrasse aujourd'hui". 

Je ne sais pas si Auguste était franc-maçon mais qu'un journal comme le Bourguignon insinue qu'il lui devait beaucoup suggère une adhésion zélée à la ferveur anticléricale du journal.

Or, le problème, c'est que cet anticléricalisme dégénérait presque toujours en haine de Dieu, ouvrant grand la porte à la malédiction sur trois à quatre générations contre laquelle Exode 20:5-6 met en garde.

Et, en effet, juste après avoir perdu sa femme, Auguste, âgé de soixante-dix-sept ans , enterrait le vendredi 21 septembre 1934 son fils aîné de cinquante ans seulement.

Ce fils, Ulysse, avait dû être sa fierté car il avait fait assez d'études pour devenir instituteur, puis directeur de l'annexe de l'Ecole normale de l'Yonne.

Mais, la malédiction devait le frapper de plusieurs façons. Tout d'abord, son épouse légitime présenta rapidement des troubles mentaux. Le journal l'évoque par la phrase sibylline "il avait été durement éprouvé par des chagrins domestiques mais il opposait au mauvais sort une philosophie résignée". Le couple n'eut pas d'enfant.

J'imagine que personne ne sut rien de sa liaison avec mon arrière-grand-mère qui était professeur au lycée d'Auxerre. A l'époque, le divorce n'était possible qu'entre des personnes juridiquement capables. Le fait que l'épouse légitime soit aliénée mentale barrait la possibilité juridique du divorce. Mon grand-père naquit donc dans la clandestinité. Mon arrière-grand-père ne put reconnaître son seul descendant dont il connaissait cependant l'existence comme l'attestait sa correspondance épistolaire avec mon arrière-grand-mère pendant la guerre où il utilisait l'expression "notre petit Jean".

Et la guerre, justement, qui fut le plus grand châtiment et la plus grande malédiction qui tombèrent sur la France de l'époque en guerre avec Dieu.

Le journal décrit le tribut qu'Ulysse, comme tant d'autres de cette génération maudite, dut lui payer:





 


Mais la malédiction ne s'arrêta pas là.

Mon arrière-grand-mère ne reconnut pas non plus leur fils. Elle le confia à une nourrice en Seine et Oise, loin d'Auxerre. Elle venait régulièrement l'y voir, payer sa pension et insistait pour qu'il l'appelle "marraine".

Jusqu'à sa mort, mon grand-père eut dans le coeur un insurmontable ressentiment contre sa mère. Il lui reprochait de l'avoir rejeté, d'avoir eu honte de lui.

Je sais que cette terrible racine d'amertume favorisa ses addictions à l'alcool et au tabac qui l'emportèrent d'un horrible cancer de la vessie, étendu aux organes de l'abdomen. A vue d'homme, un terrible gâchis. Mais, d'un point de vue spirituel, la conséquence implacable de la malédiction des enfants de ceux qui haïssent Dieu.

Puis vint la quatrième et dernière génération. Mon grand-père s'était marié à une femme très instable à tous égards, ma grand-mère. Elle explosait en violentes colères et dirigeait la maison comme un dictateur. Mon grand-père lui était absolument soumis.

Ma mère eut beaucoup à souffrir des conflits avec ma grand-mère. Je dois dire que j'ai retrouvé certains des traits caractéristiques de ma grand-mère dans le livre "l'anti-mère" que la psychologue Marie-Estelle Dupont écrivit sur sa propre mère.

https://www.youtube.com/watch?v=LKU9dz35HRA

Oui, ma grand-mère était jalouse de ma mère, c'est patent.

Toutefois, pour ma mère, la malédiction fut avant tout mon père, un homme violent psychiquement et physiquement. Quand j'étais enfant, il était à mes yeux l'incarnation du mal et il me fallut longtemps avant de pouvoir affranchir mon Père du Ciel de l'image horrible que mon père charnel m'avait donné de la notion même de paternité.

Les vingt ans que ma mère passa sous sa tyrannie suscitèrent le cancer du sein qui finit par l'emporter.

Quand je fais la somme de tout cela, j'identifie bien la malédiction à l'oeuvre sur quatre générations que je vois venue clairement, en ligne droite, d'Auguste. J'aimerais bien savoir pourquoi il avait eu une telle aversion de l'église au point, comme bien d'autres, de jeter Dieu avec l'eau bénite catholique.

Mais, au soir de ma vie, je vois, par contraste, combien ma vie a été bénie. J'ai été béni non seulement de connaître Dieu mais d'avoir eu la révélation de Son Esprit en 1992, à 31 ans, puis d'avoir eu des dons spirituels, des visions, des paroles, d'avoir vécu des miracles qui défient la raison.

J'étais un enfant quand j'entendis pour la première fois le psaume 23 et mon âme en avait été transportée. Ce psaume aura accompagné ma vie. Oui, bonheur et grâce se succèdent tous les jours de ma vie et j'habiterai Ta maison, Seigneur, pour l'éternité.

Le Seigneur a exaucé tous les désirs de mon coeur, tous, et même au delà. Il m'a gardé de tant de périls, le dernier en date étant la satanique injection covid dont tant de Chrétiens aveuglés auront été victimes.

Je suis un olivier. Comme l'arbre, ma vie puise dans ses racines, celles de ma mère en l'occurrence car aucune vie n'est passée par le bois desséché de mon père.

Et le Seigneur m'aura donné de vivre près de mes racines vivifiantes, tout d'abord mon cher Luxembourg. Lorsque je travaillais, je passais pratiquement chaque matin dans le quartier où avaient vécu mes arrière-arrière-grand-parents, le tailleur Heinz et sa femme couturière. Je voyais cette Alzette dont m'avaient si souvent parlé mon arrière-grand-mère et ma marraine, sa soeur.

Plus récemment, j'ai pu acheter une petite résidence secondaire dans ce Trégor dont provenaient mon arrière-grand-père Yves et tous les siens. Une parente habite toujours la maison qu'avait construite mon arrière-arrière-grand-père charpentier à Lanmeur.

Et il y a aussi Auxerre et les différents cimetières de l'Auxerrois où reposent nombre de mes ancêtres.

Récemment, je m'étais arrêté devant la gare de Saint-Fargeau qui a été dépouillée de ses rails. J'étais submergé par la pensée que cette gare avait vu si souvent passer mon arrière-grand-père Ulysse venir d'Auxerre pour rendre visite à ses vieux parents. Il est difficile d'expliquer vraiment ce que j'ai ressenti car ce n'est pas que sentimental mais aussi spirituel. Or, en écrivant le présent texte, j'ai relu l'annonce du décès d'Ulysse et il y était précisé que le cortège funèbre se formerait justement sur la place de la gare. Cette gare où j'avais si particulièrement pensé à lui avait donc aussi été l'endroit d'où sa dépouille avait été accompagnée pour son dernier voyage terrestre jusqu'au cimetière, à la fin de l'été 1934.